Nos origines

En 1971, une jeune fille de douze ans pleure au chevet de sa mère mourante. En lui caressant les cheveux, sa mère – qui est une ancienne combattante de la Deuxième Guerre mondiale,- lui demande de ne pas pleurer et surtout de ne pas l’oublier lors du jour de l’Armistice. En sanglots, la jeune fille, regarde sa mère dans les yeux et lui fait signe que oui de la tête, même si le mot « Armistice » ne lui disait rien.

Assidument, depuis la mort de sa mère, cette jeune fille est allée au cimetière à chaque jour du Souvenir, pour y placer un coquelicot. Au début elle y allait seule puis, avec son mari, et finalement avec ses deux filles dès leurs premiers pas. Ils s’arrêtaient au monument commémoratif de la guerre et regardaient toutes les pierres tombales du champ d’honneur au cimetière Beechmount à Edmonton. Ces deux petites filles demandaient « Pourquoi les autres ne reçoivent pas de coquelicot? »

Pendant des années, la mère, ne sachant que répondre, offrit diverses raisons, mais un jour, ses filles lui dirent « Maman, nous pensons que nous devrions nous assurer que chacun d’eux reçoivent un coquelicot.»  Ne pouvant refuser une telle demande, sans plus tarder, elle décida de réaliser ce projet; d’abord avec l’aide de quelques amis, - mais les pierres tombales étaient trop nombreuses,- elle décida d’écrire une lettre au ministre des Anciens Combattants, qui donna son appui à l’initiative;  au ministère de l’éducation et un jour, elle rencontra un jeune lieutenant-colonel qui lui offrit l’aide qu’elle espérait « Nous, nous pouvons le faire. »

« Aucune tombe dans l’oubli»,  a été mise sur pied en 2011 par Mme Maureen G. Bianchini-Purvis,- née de parents militaires ayant servi dans les Forces armées canadiennes durant la Deuxième Guerre mondiale,- en hommage aux sacrifices consentis par les Canadiens et les Canadiennes qui ont perdu la vie en défendant la paix au pays et à l’étranger. Ce projet est devenu sa mission, celle de voir un jour toutes les pierres tombales des soldats canadiens fleuries d’un coquelicot.
Ainsi, les cimetières ressembleraient à la scène du poème Au champ d’honneur où les coquelicots « sont parsemés de lot en lot. »